Accompagner, ce n’est pas simplifier. C’est rendre la complexité habitable.

Accompagner quelqu’un, ce n’est pas lui simplifier la vie.

C’est l’aider à habiter sa complexité.

Depuis la disparition d’Edgar Morin, une exigence revient avec force : ne pas réduire le réel pour se rassurer.

La pensée complexe, ce n’est pas “penser compliqué”.
C’est accepter que l’humain ne se laisse jamais enfermer dans une case unique.

Un coaché n’est pas seulement un objectif.
Un professionnel n’est pas seulement une compétence.
Une posture n’est pas seulement une technique.

Dans mon travail de recherche, j’ai travaillé cette zone trouble.
Le coaching comme pratique vivante, mais encore traversée par des zones peu pensées.
Une question revient : que faisons-nous vraiment quand nous accompagnons ?

Tension entre
– aider et orienter.
– soutenir et normer.
– évaluer et contrôler.
– professionnaliser et figer.

C’est précisément là que Morin reste utile.

Pas comme une référence à citer.
Comme une exigence de pensée.

Dans les métiers de l’humain, nous voulons souvent
– clarifier vite.
– nommer vite.
– cadrer vite.

Mais accompagner, ce n’est pas faire disparaître la complexité.
C’est apprendre à la rendre habitable.

Cela demande une posture exigeante :
– observer sans réduire,
– questionner sans imposer,
– évaluer sans enfermer,
– soutenir l’autonomie sans abandonner l’autre à lui-même.

Ma conviction est simple : plus une pratique touche à l’humain, plus elle doit se méfier des réponses trop propres.

Le coaching n’a pas seulement besoin d’outils.
Il a besoin d’une pensée de sa propre posture.

Et peut-être est-ce là l’un des plus beaux héritages de Morin : nous rappeler que comprendre, ce n’est pas simplifier à tout prix.
C’est tenir ensemble ce qui résiste.

Dans votre métier, où voyez-vous le plus grand risque de réduire une personne à une grille, un objectif ou une compétence ?




Catherine Bugeon Alain Grau Elisa Tourn Valérie BERGERET laurence Passero-Hevin Appolinaire Makoundou Sylvie Lopez Isabelle VAISQUES Maxime CLEMENT Jérôme Cullet Patricia Gattuso